COMMUNIQUE DE PRESSE

« Les soins infirmiers, préventifs, curatifs ou palliatifs intègrent qualité technique et qualité des relations avec le malade » l’article 2 du décret du 11 février 2002 présente clairement le rôle clef de l’infirmière puéricultrice dans un service d’onco-hématologie. En effet, elle doit aider au bon déroulement de l’hospitalisation de l’enfant, être présente, disponible pour l’enfant et sa famille, afin de répondre à leurs interrogations ou les orienter vers un professionnel adapté. Dans la mise en place du dispositif d’annonce de maladie grave, elle peut reformuler et éclaircir les informations données par le médecin, ainsi qu’expliquer le but, le déroulement et les éventuels effets secondaires des différents soins, examens et traitements à réaliser.


L’infirmière puéricultrice a également un rôle important dans la mise en œuvre des traitements selon les prescriptions médicales et les protocoles en respectant les règles d’hygiène et d’asepsie. Grâce à ses connaissances sur les pathologies, les examens et les traitements, elle doit assurer la prévention des complications potentielles et informer le médecin sur leur apparition et l’évolution de l’enfant tout au long de la journée.

Un soutien psychologique indispensable
Enfin, c’est sans aucun doute dans le soutien psychologique de l’enfant et de sa famille que l’infirmière puéricultrice tient une place prépondérante. Ces derniers se confient facilement à elle du fait qu’ils la côtoient tous les jours et qu’ils lui font confiance. Dans ce cas, l’infirmière aura un rôle d’écoute, de soutien et de réconfort… Elle peut aider l’enfant à exprimer son ressenti et ses angoisses par rapport à sa maladie et son hospitalisation, et elle l’aidera à comprendre et à l’accompagner dans les épreuves qu’il traverse.

En post-traitement, un programme de suivi des enfants cancéreux
Si le rôle de l’infirmière puéricultrice est prépondérant pendant l’hospitalisation de l’enfant atteint d’un cancer, ses missions dans le cadre du suivi de ces enfants pourraient être tout aussi indispensables et s’inscriraient dans la lignée des recommandations du nouveau plan cancer, de la charte européenne de l’enfant hospitalisé et des droits de l’enfant.
« Ces enfants font face à un risque accru de morbidité, de mortalité et de diminution de la qualité de vie, associé à leur thérapie. Ainsi il est recommandé que ces enfants aient un suivi à long terme périodique et systématique, individualisé sur la base de l’historique des traitements » souligne Sébastien Colson, Président de l’ANPDE, Association Nationale des Puéricultrices Diplômées et des Etudiantes. Notre rôle devrait évoluer pour leur offrir un suivi à long terme adéquat, pertinent et adapté. »
« Ce programme peut parfaitement s’inscrire dans l’évolution de la spécialité de puéricultrice dans les maisons de santé ou dans un exercice libéral, pour offrir les avantages d’un suivi spécialisé et sécurisant dès la fin des traitements. Il doit également faire l’objet d’une transition planifiée qui tient compte de la complexité du suivi, des conditions psychosociales et de l’autonomie des patients qui risquent de développer des effets secondaires à long terme. L’exemple de nos collègues canadiens est à retenir pour répondre aux mieux aux besoins de santé de l’enfant et de la famille dans le cadre de la prise en charge des cancers pédiatriques » explique le Président de l’ANPDE.
Des évolutions sont en cours, avec la mise en place progressive des dispositifs d’annonce de maladie en pédiatrie ou des programmes d’éducation thérapeutique autorisés par les ARS, quelques suivis à domicile si une HAD est présente dans le lieu de vie du patient… Mais la population pédiatrique atteinte de cancer ne représente qu’1% des cancers nationaux et les cohortes sont relativement faibles. Les projets sont donc difficiles à créer et l’offre de soins actuelle n’est pas suffisamment adaptée. Les consultations post-traitement sont pourtant primordiales pour la prévention des effets secondaires et des récidives.
« Le rôle de l’infirmière puéricultrice est aujourd’hui indispensable dans le cadre de suivi des enfants atteints de cancer, à l’annonce de la maladie, pendant le traitement qui dure plusieurs mois voire années et également dans un suivi à long terme en post-traitement, comme le prévoit le nouveau plan cancer. Il est donc important que nous puissions faire évoluer notre exercice professionnel de puéricultrice pour qu’il soit adapté à la population pour laquelle nous sommes dédiés, et non la population qui s’adapte à un exercice infirmier obsolète. » conclut Sébastien Colson.

Lauma Communication